Alimentation : attention

Publié le par Christophe Rossignol

C´était dans le journal Des aliments pas aussi bons qu'il y paraît par Danièle Licata, avec Jean-Luc Barberi, Sébastien Bei et Géraldine Meignan Publié par : http://www.lexpansion.com Le : 01/01/2008 ***************************** Légumes, viandes, poissons, biscuits, yaourts : aucun produit alimentaire n'échappe à la présence éventuelle de substances potentiellement toxiques. De quoi en avoir l'estomac retourné ! Dioxines, nitrates, pesticides, biocides, hormones, colorants, arômes artificiels, aspartame, additifs divers... Les produits à risques fleurissent dans nos assiettes. « Nous sommes face à un enjeu de santé publique majeur et nouveau, avec l'ajout de multiples substances de synthèse chimiques dans les produits alimentaires », avertit Laurent Chevallier, médecin et consultant en nutrition, dans son dernier livre, Impostures et vérités sur les aliments (Fayard). Aujourd'hui, selon les chiffres avancés par l'Institut national du cancer, 35 % des cancers sont dus à notre alimentation. Les études effectuées par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes révèlent que près de 45 % des fruits, légumes et céréales consommés en France contiennent des résidus de pesticides, dont environ 7 % à des doses supérieures aux limites européennes maximales autorisées. « Ces produits chimiques ont probablement des effets cumulés, ce que l'on appelle un "effet cocktail" », avertit le toxicologue Jean-François Narbonne. Après consultation de nombreux spécialistes, L'Expansion dresse la liste des produits - et donc des aliments - à risques. Lourds soupçons sur l'aspartame « L'aspartame, que l'on retrouve dans de nombreux produits light, est l'une des substances chimiques les plus dangereuses jamais imposées aux consommateurs », estime le toxicologue André Cicolella. Ce substitut du sucre peut entraîner des symptômes inquiétants, tels des troubles cérébraux allant de la perte de mémoire jusqu'au développement de tumeurs, selon divers témoignages et études - parfois contestées. Ainsi, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) certifiait en 2006 qu'il n'existe aucun lien entre consommation et cancer. Pourtant, une étude de la fondation italienne Ramazzini, publiée en septembre dernier, montre que le risque de développer certains cancers à l'âge adulte augmente chez l'animal s'il y a eu consommation d'aspartame pendant la gestation. « Nous sommes impatients d'une réponse claire - et très urgente - des autorités de santé », dit le Dr Laurent Chevallier. Des pesticides à fuir Pourtant interdits, deux insecticides, le buprofézine et le pyriproxifène, se cachent parfois jusque dans les herbes aromatiques ! On trouve aussi beaucoup de pesticides dans les poivrons. Le toxicologue Jean-François Narbonne s'inquiète : « Les tests in vitro montrent une réaction des cellules humaines aux pesticides, même si, pour l'instant, on ne sait pas traduire ces résultats en termes de santé publique. » Une étude menée dans le sud-ouest de la France révèle que les agriculteurs et les particuliers qui traitent leurs plantes d'intérieur ont un risque plus élevé que la moyenne d'avoir un cancer du cerveau. Des OGM difficiles à éviter Des organismes génétiquement modifiés - maïs, colza et surtout soja - peuvent être présents dans de nombreux produits alimentaires, comme les biscuits et les huiles. Depuis une dizaine d'années, ils ont été introduits dans l'alimentation des poulets, des vaches, laitières notamment, et des porcs. « Or, dans nos supermarchés, très peu d'étiquettes signalent les produits d'origine animale issus de bêtes nourries avec des OGM », avertit Helen Holder, coordinatrice de la campagne européenne sur les OGM et l'agriculture pour Les Amis de la Terre. Ces aliments représentent un vrai danger, selon les scientifiques du comité de recherche et d'information sur le génie génétique en France : ces chercheurs ont en effet diagnostiqué des dérèglements fonctionnels des reins, du foie et du sang chez des rats ayant ingurgité des produits génétiquement transformés. Doutes persistants sur l'acide benzoïque Cet additif alimentaire est très efficace pour prévenir le rancissement des huiles et des graisses. Mais des études comme celle de l'université de Southampton, effectuées sur le hamster et sur le rat, ont montré des caractéristiques cancérigènes et des actions délétères sur le foie. « Depuis de nombreuses années, des soupçons existent sur l'acide benzoïque », constate le Dr Eric Konofal, du service de psychopathologie de l'enfant de l'hôpital Robert-Debré. Les tests menés sur des enfants de moins de 3 ans et de 8-9 ans soulignent que la consommation de cette substance, associée à des colorants alimentaires, peut entraîner une augmentation de l'agitation chez les enfants définis comme hyperactifs. Taux élevé de mercure dans le poisson Les gros poissons comme le thon présentent le risque de concentrer certains polluants, notamment le mercure, qui a un effet toxique sur le système nerveux du foetus et de l'enfant en bas âge. Par précaution, le ministère de la Santé déconseille la consommation d'espadon, de marlin et de siki aux femmes enceintes ou allaitantes et aux bébés. Pour d'autres espèces comme la lotte, le loup, le flétan, le brochet, la raie et la saumonette, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) préconise de limiter sa consommation à 150 grammes par semaine.

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