Sarkozy : ni efficace, ni équitable, ni soutenable

Publié le par Christophe Rossignol

Bruxelles et les Vingt-Sept négocient le partage des efforts pour réduire les gaz à effet de serre LE MONDE | 15.01.08 | 09h13 • Mis à jour le 15.01.08 | 12h06 Bruxelles, bureau européen La France a le plus grand mal à obtenir la prise en compte au niveau européen du nucléaire dans la lutte contre le réchauffement climatique. La Commission européenne fait, pour l'instant, la sourde oreille aux demandes de Paris en ce sens, une semaine avant la présentation, le 23 janvier, d'un "paquet législatif" environnemental dont les modalités suscitent un intense débat chez les Vingt-Sept. Il s'agit de réduire, conformément aux engagements pris en mars 2007 par les chefs d'Etat et de gouvernement, les émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à leur niveau de 1990, de refondre le mécanisme d'échange des droits d'émission de GES, tout en atteignant au moins 20 % d'énergie renouvelable dans la consommation européenne. La Commission entend fixer à chaque capitale des objectifs nationaux obligatoires pour promouvoir les énergies renouvelables dans les transports, le chauffage et la production d'électricité. Les grands Etats membres seraient ainsi contraints, d'ici à 2020, d'augmenter de 13 points – par rapport à 2005 – leur part d'énergie "verte". La hausse serait limitée à un peu plus de 10 points pour les économies plus modestes. Dans le cas de la France, la formule retenue pour répartir les efforts revient à dépasser le seuil de 23 % de renouvelables à l'horizon 2020, contre un peu plus de 10 % aujourd'hui. Mais, à l'instar de leurs homologues allemandes, belges ou suédoises, les autorités françaises refusent une telle progression : samedi 12 janvier, lors d'une très discrète réunion avec les commissaires Andris Piebalgs (énergie) et Stavros Dimas (environnement), le ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo, a indiqué que Paris ne voulait pas dépasser les 20 %. Dans un courrier à José Manuel Barroso, Nicolas Sarkozy a jugé la proposition "ni efficace, ni équitable, ni soutenable économiquement". Pour alléger la facture, les Français plaident, entre autres, pour une prise en compte du nucléaire, dont ils sont les principaux producteurs en Europe. Cette forme d'énergie a l'avantage, font-ils valoir, de ne pas accroître les émissions de gaz à effet de serre. Et donc d'être compatible avec les objectifs européens dans la lutte contre le réchauffement climatique. "L'atome n'est pas une énergie renouvelable", rétorque le commissaire Dimas. "Nous n'allons pas faire de faveur à certains pays", ajoute une source proche de la Commission : "Ce sera aux Etats membres de plaider en ce sens lors de l'examen de ces projets entre eux, et au Parlement européen." AMÉNAGEMENTS Le point de vue des Français est partagé, à ce stade, par une poignée de pays, comme la République tchèque, la Slovaquie, la Pologne ou la Lituanie. Sans être contre, certaines capitales restent très discrètes, à l'instar de Berlin, où la coalition au pouvoir maintient le cap de la sortie du nucléaire d'ici à 2020. D'autres pays, comme l'Autriche, sont en revanche farouchement opposés à tout traitement privilégié du nucléaire. Pour faire passer la pilule, la Commission prévoit cependant de nombreux aménagements afin d'atteindre les objectifs agréés au sein de l'Union. Les nouveaux pays membres, en plein rattrapage économique, seront ainsi autorisés à accroître leurs émissions de CO2 pour ne pas entraver leur développement. Alors que les quotas d'émissions doivent en principe être mis aux enchères à partir de 2013, des périodes de transition sont par ailleurs à l'étude, qui permettront d'accorder des droits à polluer gratuits aux sidérurgistes et autres chimistes, susceptibles de délocaliser leurs production en cas de surcoûts trop importants. En revanche, la Commission ne prévoit pas, à ce stade, de mettre en œuvre le "mécanisme d'ajustement aux frontières" (ex-"taxe carbone") réclamé par la France afin de limiter le "dumping environnemental" des produits fabriqués dans des pays non engagés dans la lutte contre le réchauffement. Bruxelles n'entend pas recourir à un tel instrument avant 2011, en cas d'échec des négociations internationales lancées en décembre 2007, à Balin pour préparer l'après-protocole de Kyoto. Philippe Ricard ********************************************************************************************************************* Sarkozy freine les ardeurs écologiques de Bruxelles Pierre Avril (à Bruxelles) LE FIGARO 15/01/2008 | Mise à jour : 22:59 | Une semaine avant la présentation, par la Commission européenne, de son projet de lutte contre le changement climatique, prévue le 23 janvier, les États membres s'inquiètent. Chaque capitale se verra fixer des objectifs chiffrés et contraignants de réduction des gaz à effet de serre. Il s'agit de réduire ces émissions au niveau de ce qu'elles étaient en 1990. Lundi, Nicolas Sarkozy a écrit au président de la Commission, José Manuel Bar roso, pour le mettre en garde contre les risques d'une légis lation qui pé naliserait d'une manière trop sévère les pays membres de l'Union européenne tout en laissant les coudées franches aux pays tiers pollueurs, comme la Chine ou les États-Unis. «Si d'importantes économies mon diales ne s'engagent pas dans un effort contraignant de réduction des émissions, les contraintes eu ropéennes pousseront alors l'in dustrie à se relocaliser dans ces pays, sous un régime environ nemental moins contraint : les émissions mondiales ne diminueront pas et les emplois correspondants disparaîtront d'Europe», avertit le président de la Répu blique, qui milite pour l'instauration d'une taxe carbone imposée aux frontières de l'Union. Cette solution est rejetée par Bruxelles. En mars 2007, les Vingt-Sept s'étaient mis d'accord pour réduire en moyenne de 20 % les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020, par rapport au niveau de 1990. Dans cette période, la part des énergies renouvelables dans le «bouquet énergétique» global devra éga lement atteindre 20 %. Nicolas Sarkozy craint que l'ef fort demandé à la France en matière d'énergies renouvelables soit su périeur à cette moyenne et qu'en cas de non-respect, Paris se voie imposer des «pénalités finan cières».

Publié dans Les verts Europe

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bookami 05/02/2008 19:08

Comment se fait-il alors que les verts ne se soit pas détaché de tous les autres programmes electorals...
La décroissance, la simplicité volontaire c'est mieux que le SMIG à 1500 €...
http://aquandladecroissance.over-blog.com/article-11552583.html