Aux municipales, leur scrutin-phare, les Verts espèrent un rebond

Publié le par Christophe Rossignol

Aux municipales, leur scrutin-phare, les Verts espèrent un rebond PARIS, 5 fév 2008 (AFP) - Après leurs échecs à la présidentielle et aux législatives, les Verts espèrent des municipales, scrutin qui leur est traditionnellement le plus favorable, un rebond salutaire et davantage d'élus. Le parti écologiste a été sonné par ses défaites successives : 1,57% à la présidentielle, quatre députés aux législatives. Les Verts ont également dû "encaisser" le Grenelle de l'Environnement, vécu comme un "nouveau péril dans la maison écolo", la dilution de leurs idées et la mise au vert de beaucoup de mairies. Avec 1.800 élus - maires ou conseillers municipaux - pour 8.200 adhérents, les Verts sont bien implantés localement. Les municipales sont "un terrain privilégié pour leur slogan +Penser global et agir local+", juge le député Noël Mamère. Les Verts ont "démontré partout, principalement dans les grandes villes, qu'ils peuvent contribuer de manière décisive à changer la ville", estime le maire de Bègles. A Paris, ils comptent depuis 2001 plusieurs adjoints. A Nantes, Lille, Montpellier, ils ont leur place et pèsent dans les décisions. "C'est à la fois un enjeu et un danger : un enjeu qu'ils soient plus nombreux et qu'ils montrent qu'ils sont capables d'être de bons gestionnaires, mais le danger, c'est qu'ils sombrent dans le localisme", juge M. Mamère. A la tête de Bègles, Noël Mamère reste le seul maire Vert dirigeant une ville de plus de 20.000 habitants. Le second, Jean-Michel Marchand, à Saumur (Maine-et-Loire), est passé au PRG. Les Verts bénéficient de la meilleure image de tous les partis politiques avec 47% (le PS a 41%, le Modem 39%), selon un récent baromètre TNS Sofres. En mars, ils espèrent gagner des élus. "C'est carrément un enjeu de survie", estime Jean-Vincent Placé, chef de file des Verts franciliens. Au premier tour, les Verts partent seuls dans un tiers des 39 villes de plus de 100.000 habitants: Grenoble, Lille, Limoges, Montpellier, Montreuil, Mulhouse, Nîmes, Paris, Rennes, Saint-Etienne, Strasbourg, Toulon et Tours. Il y aura cependant légèrement moins de listes autonomes au premier tour qu'en 2001: 22% en 2008 contre 26% en 2001 pour les communes de plus de 50.000 habitants. Refusant "la participation à des listes conduites par le Modem et des divers droite" au premier tour, les Verts se sont associés néanmoins avec le parti de François Bayrou dans quelques cas comme Nancy ou Dijon. A Paris, les Verts avaient obtenu en 2001 17,7% au premier tour avant de fusionner avec la gauche plurielle. Denis Baupin, adjoint aux Transports de Bertrand Delanoë durant toute sa mandature, a préféré partir seul, fort des réalisations communes, Vélib', Paris plage, tramway. Ambitionnant un score à deux chiffres, les Verts parisiens sont crédités actuellement par l'IFOP de 7%. A Lille, ils obtiennent 10% (autre sondage Ifop). Pour Noël Mamère, les municipales offrent "une nouvelle chance" à ne pas "laisser passer". "Cela doit nous permettre de revenir de manière forte dans la gauche", dit-il.

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