Les Verts retrouvent des couleurs.

Publié le par Christophe Rossignol

A l’inverse du FN, les formations de gauche se tirent bien du premier tour. MATTHIEU ECOIFFIER, NATHALIE RAULIN et PASCAL VIROT http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/314961.FR.php Si le PS et l’UMP se sont taillés la part du lion lors des municipales, avec u Modem en bonne forme, les «petites» formations ont connu des sorts divers Le PCF résiste Cela devient une tendance lourde au Parti communiste. Marginalisé lors des consultations nationales, il résiste lors des scrutins locaux. Marie-George Buffet, hier, a assuré que «près de 800 communes auront dimanche un maire communiste». Ce qui ferait du PCF le troisième parti en nombre d’élus. Dimanche, il a reconquis Dieppe, perdu en 2001, et Vierzon. Il vise une ville de plus de 100 000 habitants qu’il a déjà gérée : Nîmes. Et aussi Corbeil (face à Serge Dassault), Sète, Villeneuve-Saint-Georges et Villepinte. Il conserve Arles (gagné en 2001) ainsi que Nanterre et Bobigny. C’est dans l’ancienne «ceinture rouge» que le PCF fait pièce aux tentatives socialistes, notamment en Seine-Saint-Denis. Ainsi, Tremblay et Sevran ont reconduit leur maire communiste. Dans les primaires «imposées» par le PS, le PCF s’en sort bien, comme à Aubervilliers, Bagnolet, La Courneuve et Saint-Denis. A Pierrefitte, le socialiste devance largement le communiste. «Il ne faut pas qu’il y ait des triangulaires», a tonné hier la numéro un du PCF. L’offensive du PS sur la Seine-Saint-Denis pourrait néanmoins se concrétiser par le gain du conseil général, l’un des deux - avec le Val-de-Marne - que le PCF dirige en métropole. La LCR en bonne forme Bon cru pour la LCR. «L’exaspération» vis-à-vis «des politiques nationales» a «profité à la gauche et à la gauche de la gauche» , notait dimanche Olivier Besancenot. Qui voit le déploiement de son nouveau parti anticapitaliste en partie validé par les électeurs avec les bons scores des listes «100 % à gauche». Sur les 200 listes conduites par un candidat LCR, 103 dépassent les 5 % et 28 les 10 %, notamment dans les villes moyennes : de Clermont-Ferrand (13,3 %) à Quimperlé (15 %) Bar-le-Duc ou Blois (10 %). «On a récolté au premier tour 69 conseillers municipaux, plus du double qu’en 2001» , se félicitait hier Pierre-François Gron, le porte-parole de la LCR. Et dans certaines grosses communes comme Marseille, Montpellier ou Toulouse, ces listes dépassent les 5 %. La LCR propose donc des «fusions techniques» sur la base d’une indépendance et sans solidarité de gestion. «On est fusionnable, mais beaucoup n’ont pas envie de s’embarquer avec deux ou trois emmerdeurs de la Ligue dans leur conseil municipal», explique Gron. Des discussions pourraient aboutir à Toulouse, Lyon, Pau, Blois et Brest mais aussi avec les Verts à Montpellier. Les Verts, stratégie payante Les Verts retrouvent des couleurs. Noël Mamère a été réélu dès dimanche à Bègles avec 56,6 % des voix. Dominique Voynet enquiquine Jean-Pierre Brard (apparenté PCF) à Montreuil. «On devrait avoir au final 25 à 30 % d’élus municipaux supplémentaires», se félicite Jean-Vincent Placé, vice-président de la région d’Ile-de-France. La double stratégie (alliance avec le PS et listes autonomes) s’est avérée payante pour sauver les 2 000 élus des dernières municipales. «Comme les socialistes ne nous ont pas matraqués, ils nous ont ouvert leurs listes. La poussée à gauche nous a profité» , explique Placé. Quant aux listes autonomes, elles enregistrent des scores significatifs partout où les combats et le bilan des Verts leur ont été crédités : c’est le cas à Grenoble où leur liste totalise 15,5 %, ou à Morlaix (26,5 %) et Quimper (16,8 %). A Montpellier et Lille, ils se tassent un peu, avec 11 % des voix. Idem pour Michèle Rivasi, qui cartonne à Valence avec 20 % des voix. Seule contre-performance : Denis Baupin à Paris, avec 6,78 %, fait moitié moins qu’en 2001. Selon l’accord bouclé hier, avec le maire (PS) de Paris, Jacques Boutault devrait rester maire du IIe et les écologistes disposer de 9 conseillers de Paris contre 23 en 2001. Le FN laminé Financièrement exsangue, en proie à une crise militante sans précédent, le FN sort un peu plus laminé de ce scrutin. Son unique objectif, la conquête de Hénin-Baumont est en passe de lui échapper : avec 28,50 %, la liste FN, où Marine Le Pen est en deuxième position, est largement devancée par celle du maire divers gauche sortant (43,10 %). Partout, ses positions se racornissent. A Noyon, où en 2001 le parti d’extrême droite caracolait en tête avec 30,2 %, il n’arrive qu’en troisième position (17 %). Surtout, il n’est souvent plus en mesure de se maintenir au second tour. A Dreux, l’une des pistes d’envol du FN au début des années 80, la liste de Laurent Leclercq se prend également le mur, avec 4,30 %. Liens sponsorisésLes Verts peuvent espérer plus d'élus qu'en 2001, mais divisent par deux leur score à Paris LE MONDE | 10.03.08 | 11h12 • Mis à jour le 10.03.08 | 11h12 Au sortir du premier tour des élections municipales, les Verts poussent un soupir de soulagement. Profitant de la progression de la gauche, ils sauvent leur capital électoral acquis en 2001. Et peuvent espérer, à la faveur du second tour, une augmentation de 25 % à 30 % du nombre de leurs élus. Le parti écologiste avait privilégié une alliance avec le PS pour mieux conserver ses 2 000 élus municipaux. A Rouen, Nantes ou Lyon, ils devraient obtenir des places plus importantes dans les majorités municipales. Ils profitent aussi de la poussée de la gauche dans les villes où ils se présentaient seuls et où ils obtiennent des scores significatifs. C'est le cas de Grenoble, où la liste verte atteint 15,5 % face au socialiste Michel Destot. Dans le Finistère, ils grimpent respectivement à 16,8 % et 25 % à Quimper et Morlaix. Les Verts se tassent légèrement à Lille et Montpellier, avec 11 % des voix, mais frôlent les 20 % à Valence (Drôme), où l'ex-députée Michèle Rivasi est en position d'arbitre au second tour. "PETITE RENAISSANCE" Noël Mamère, lui, est réélu dès le premier tour à Bègles (Gironde), avec 56,6 % des suffrages, et reste le seul maire écologiste d'une ville de plus de 20 000 habitants. "Il s'agit d'une petite renaissance", affirmait dimanche soir la secrétaire nationale, Cécile Duflot. Son objectif de faire oublier le score de 1,57 % de Dominique Voynet à l'élection présidentielle semble atteint. "Nous avons réussi à montrer que le vote vert existe réellement", soutient Jean-Vincent Placé, vice-président du conseil régional d'Ile-de-France. Mme Voynet reste dans le jeu en talonnant, avec 32,4 % des suffrages, Jean-Pierre Brard (apparenté PCF, 39,4 %) à Montreuil (Seine-Saint-Denis). L'ex-ministre de Lionel Jospin a affirmé vouloir maintenir la liste au second tour. Ombre majeure au tableau, Paris. Avec 6,5 % des voix, Denis Baupin divise par deux le score obtenu en 2001. "C'est un vrai recul. Delanoë a bien récupéré le travail des Verts", note Michel Bock, responsable aux élections des Verts. En interne, la campagne de l'adjoint aux transports du maire de Paris a été critiquée. En particulier ses propositions radicales sur l'instauration d'un péage à l'entrée du boulevard périphérique ou sa transformation en voie mixte piétons-voitures. Sylvia Zappi

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