Changements climatiques : des conséquences très lourdes sur la santé

Publié le par Christophe Rossignol

Eco-Terre Le réchauffement nuit à la santé
CHRISTIAN LOSSON QUOTIDIEN : mardi 8 avril 2008
http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/319925.FR.php
Du chikungunya dans le Kerala, en Inde. Des épidémies sans précédent de choléra au Bangladesh. Des canicules, qui, comme en 2003, peuvent tue jusqu’à 70 000 personnes en Europe.
Une multiplication de crises d’asthme chez les enfants. Du paludisme jusque sur les hauts plateaux de l’est africain. Des «ceintures de méningite» en Afrique subsaharienne. «La magnitude et les conséquences des changements climatiques sur la santé sont déjà sensibles, et elles seront lourdes, très lourdes, confie à Libération Maria Neira, directrice du département santé publique et environnement à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Nos projections font état, sur la seule transmission du paludisme ou de la dengue, d’une hausse de 35 % d’ici à 2030.»
Chaos. Le climat est un facteur supplémentaire de mortalité, avertit donc l’OMS, qui, pour la première fois, a fait du changement climatique le thème de la Journée mondiale de la santé, hier, qui coïncidait cette année avec le 60e anniversaire de l’organisation onusienne. Il y a urgence. Car le chaos annoncé «atteint les fondements même des systèmes de santé», estime sa directrice générale, Margaret Chan.
Afrique. Il y a trois ans, l’OMS avait prévenu que le réchauffement (vagues de sécheresse, intempéries ou catastrophes) était à l’origine de 150 000 morts et 5 millions de malades chaque année. «Le problème, c’est que si l’opinion publique a pris conscience des enjeux environnementaux du changement climatique, dit Maria Neira, elle en sous-estime encore l’impact sanitaire.»
Tous les pays de la planète sont concernés (le virus du Nil occidental a explosé en Amérique du Nord depuis le tournant du millénaire), mais les plus pauvres, à commencer par ceux d’Afrique subsaharienne, seront les plus frappés alors que leur système de santé publique est déficient ou convalescent. Conséquence : «Les avancées réalisées pour parvenir aux objectifs du millénaire (qui visent à réduire de 50 % la pauvreté dans le monde d’ici à 2015, ndlr) peuvent être compromises», redoute Maria Neira.

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