OGM : Mme Kosciusko-Morizet dénonce un "concours de lâcheté"

Publié le par Christophe Rossignol

Il n´est pas question ici du sénateur PS mélanchon qui cartonne comme un bof les manifs pour le Tibet, le dalai lama et RSF......un présídént excité lui dirait simplement "casses toi pauv con"....
OGM : Mme Kosciusko-Morizet dénonce un "concours de lâcheté" dans la majorité
LE MONDE | 09.04.08 |
lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/04/09/ogm-mme-kosciusko-morizet-denonce-un-concours-de-lachete-dans-la-majorite_1032500_3244.html#ens_id=1019229
"J'en ai marre d'être confrontée à une armée de lâches." Alors qu'elle s'apprête à reprendre sa place sur le banc du gouvernement, mardi 8 avril, pour la fin de la discussion à l'Assemblée nationale du projet de loi sur les OGM, Nathalie Kosciusko-Morizet fait part au Monde de son exaspération.
Le matin, lors de la réunion hebdomadaire des députés UMP, la secrétaire d'Etat à l'écologie a été directement mise en cause après l'adoption de plusieurs amendements proposés par l'opposition. Pour Jean-François Copé, le président du groupe, elle est "à l'origine des problèmes". "Lorsqu'un gouvernement s'en remet à la sagesse de l'Assemblée sur un amendement venant de la gauche, ça veut dire qu'en réalité il l'approuve", estime-t-il.
Depuis que, dans la nuit du mercredi 22 avril, a été adopté un amendement défendu par André Chassaigne (PCF, Puy-de-Dôme) limitant la culture des OGM, les esprits se sont échauffés dans la majorité, au sein de laquelle coexistent deux positions contradictoires.
L'"amendement 252", accusé de "déséquilibrer le texte" par les partisans des OGM, est en fait identique à celui qu'avait soutenu Louis Giscard d'Estaing (UMP, Puy-de-Dôme), sur lequel la secrétaire d'Etat s'en était remis à la "sagesse" de l'Assemblée mais qui avait ensuite été retiré à la demande du rapporteur, Antoine Herth (UMP, Bas-Rhin).
La gauche, elle, n'avait pas retiré le sien, et trois élus de l'UMP ainsi que le député du Nouveau Centre Philippe Folliot avaient joint leurs voix à celles de l'opposition, faisant ainsi basculer la majorité.
"BORLOO, QUAND IL VEUT, IL VIENT"
L'"affaire" a pris de telles proportions qu'elle a occupé la quasi-totalité du petit déjeuner de la majorité du mardi matin. Obligeant François Fillon à un ferme "recadrage" lors de la réunion du groupe, à laquelle Mme Kosciusko-Morizet était absente.
"L'amendement Chassaigne n'aurait pas dû être voté", a précisé le chef du gouvernement, s'engageant à faire en sorte qu'il soit supprimé en deuxième lecture au Sénat. Tour à tour, Jean-Louis Borloo, ministre de l'écologie, et Valérie Pécresse, ministre de la recherche, l'ont approuvé. Et Michel Barnier, ministre de l'agriculture, a pu se féliciter "qu'il y ait une parole du gouvernement unique, vraiment unique".
Fauchée par ses collègues, la secrétaire d'Etat ne décolère pas. "J'appelle chacun à prendre ses responsabilités, répond-elle à ceux qui l'ont mise en cause. Il y a un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le minimum. Si le travail de préparation préalable avait été fait dans le groupe, cela ne se serait pas produit. Ce n'est pas normal qu'il y ait eu si peu de députés de la majorité en séance. Manifestement, Copé n'arrive pas à tenir le groupe. Quant à Jean-Louis [Borloo], j'attends avec impatience qu'il vienne exprimer la parole unique du gouvernement dans l'Hémicycle. Quand il veut, il vient."
Mme Kosciusko-Morizet a reçu le soutien de Greenpeace et de France Nature Environnement, qui dénoncent le "procès en sorcellerie" instruit contre elle par l'UMP.
Colère des parlementaires
Le projet de loi sur les OGM voit s'opposer deux camps au sein de la majorité. Un certain nombre de parlementaires UMP, comme François Grosdidier, dénoncent l'emprise des lobbies pro-transgénique, accusés de faire pression pour limiter un maximum l'impact de la loi sur les cultures OGM et modifier ainsi l'équilibre trouvé lors du Grenelle de l'Environnement. Cette nuit-là, ces élus sont en nombre dans l'Hémicycle désert. Et parviennent donc à faire passer l'amendement 252, auquel Nathalie Kosciusco-Morizet ne s'oppose pas, choisissant de «s'en remettre à la sagesse des députés». Un choix soutenu par son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo, qui se dit «totalement solidaire» de sa secrétaire d'Etat. Dès le lendemain, c'est le tollé parmi les parlementaires. «Quand un amendement vient de la gauche et que le gouvernement s'en remet à la sagesse de l'Assemblée, ça veut dire tout simplement qu'il l'approuve», explique Jean-François Copé. Qui profite du petit-déjeuner de la majorité pour demander à François Fillon de «recadrer» sa secrétaire d'Etat. «Borloo, quand il veut, il vient» Le premier ministre s'exécute, explique que cet amendement «n'aurait pas dû être voté», et s'engageant à le faire supprimer lors de la deuxième lecture au Sénat. Il est approuvé par Jean-Louis Borloo, qui revient sur ses déclarations précédentes. C'est un camouflet pour la secrétaire d'Etat. Qui exprime dans les colonnes du Monde toute son irritation. «Il y a un concours de lâcheté et d'inélégance» entre Jean-François Copé et Jean-Louis Borloo. Le patron des députés UMP « essaie de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe», estime Nathalie Kosciusko-Morizet. Pour elle, «si le travail de préparation préalable avait été fait dans le groupe, cela ne se serait pas produit». Et de tacler l'absentéisme parlementaire ; «ce n'est pas normal qu'il y ait eu si peu de députés de la majorité en séance. Manifestement, Copé n'arrive pas à tenir le groupe». Quant à son ministre de tutelle, il «se contente d'assurer le minimum». «J'attends avec impatience qu'il vienne exprimer la parole unique du gouvernement dans l'Hémicycle. Quand il veut, il vient», fustige-t-elle.

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