Bisphénol A (BPA): les Américains inquiets, les Européens pas encore

Publié le par Christophe Rossignol

BPA: les Américains inquiets, les Européens pas encore

21/04/2008 09:54
Le bisphénol A (BPA), une substance présente dans des produits en contact avec l’alimentation, fait l’objet d’une polémique aux Etats-Unis et au Canada. De ce côté de l’Atlantique, l’attention est beaucoup moins grande, sauf de la part des chercheurs.

Vendredi 18 avril, le gouvernement canadien a proposé d’interdire les biberons de polycarbonate contenant du bisphénol A, mesure qui devrait prendre effet après une période de consultation. Jeudi 17 avril, le géant américain de la distribution Wal-Mart a annoncé retirer immédiatement de la vente les produits pour bébés contenant du bisphénol A dans ses magasins canadiens, et en début d’année prochaine aux Etats-Unis. Il s’agit des derniers rebondissements qui ont touché l’Amérique du Nord la semaine dernière, suite à la publication d’un rapport du programme national américain de toxicologie (1).

Soupçonnée d’être un perturbateur endocrinien pour l’homme (il l’est pour les rongeurs), le bisphénol A est présent dans l’urine de la grande majorité des populations occidentales, à cause de la migration –en petite quantité- de la substance présente dans certains produits en plastique (biberons, assiettes, récipients, gobelets, etc.) vers les aliments. «Mais contrairement aux dioxines, cette substance n’a pas un caractère accumulatif dans les graisses. C’est parce que l’exposition est régulière que les doses retrouvées dans l’urine sont constantes», précise Thierry Pineau, chercheur à l’Institut national de recherche agronomique (Inra) de Toulouse. Jusqu’ici, l’Administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments (FDA) a toujours jugé très peu élevés les risques pour la santé humaine de l’exposition au bisphénol A.

Les conclusions du programme de toxicologie pourraient changer la donne. Les scientifiques ayant participé à l’évaluation de la substance disent avoir «quelques inquiétudes» («some concern») pour les fœtus, les nouveau-nés et les enfants. Elle pourrait avoir des effets sur leur cerveau et leur comportement au niveau actuel d’exposition humaine, ainsi que sur les glandes prostatique et mammaire. La molécule pourrait également avancer l’âge de la puberté pour les jeunes filles. En revanche, l’étude conclut à des «inquiétudes négligeables» et «minimes» pour les femmes enceintes et les travailleurs exposés à des concentrations plus élevées que la population générale.

Selon les défenseurs du bisphénol A, dont l’American Chemistry council, le rapport ne conclut pas à la dangerosité du produit, puisqu’il n’a pas été identifié comme provoquant des «inquiétudes», voire de «sérieuses inquiétudes». Il ne parle «que» de «quelques inquiétudes», placé en troisième position dans l’échelle utilisée par le programme national américain de toxicologie.

Ce qui n’a pas empêché plusieurs membres démocrates de la Chambre des représentants de demander une nouvelle évaluation de la part de la FDA. La réponse pourrait venir des pouvoirs publics locaux puisque, selon le Washington Post, plusieurs Etats dont la Californie et le New Jersey envisagent d’interdire la substance.

Au sein de l’Union européenne, le ton est beaucoup moins alarmant. Dans un avis de janvier 2007, l’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) a même relevé la dose journalière acceptable (DJA) de 0,01 à 0,05 milligramme par kilogramme de poids corporel. Quant à l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), elle n’a encore jamais évalué la substance.

Toutefois, les chercheurs européens ne sont pas inactifs. En France, une étude menée par Thierry Pineau analyse actuellement l’effet du bisphénol A sur le colon. L’équipe va par ailleurs se pencher sur des résultats récents de leurs collègues américains qui émettent l’hypothèse que le bisphénol A pourrait contribuer à l’épidémie d’obésité, et donc à toutes les maladies qui en résultent (diabète de type 2, maladies cardiaques, certains cancers, etc.). «Nous voulons savoir quel mécanisme biologique est en jeu», précise Thierry Pineau. «Si le lien entre la molécule et l’obésité était avéré, il faudrait alors évaluer ce danger en fonction des doses reçues par la population générale, afin de vérifier que le risque est réel», continue le chercheur.



(1) US National toxicology program

http://www.journaldelenvironnement.net/fr/document/detail.asp?id=18042&idThema=5&idSousThema=26&type=JDE&ctx=291

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Aurélie 12/08/2009 17:11

Quand on les reçoit, ce sont de merveilleux biberons.Pour ma part ce sont des biberons fantômes...Délai de livraison indiqué sur le site : 1 semaine. Aucun mail de la part de cette société, aucune réponse à mes mails, personne au numero de tel indiqué. En résumé 1 catastrophe!!! On ne sait pas si c'est un probléme de stock, s'ils sont en vacances...Mais par contre, la somme correspondant à ma commande a été débitée! Que doit on en penser? Et j'aimerais tant que le problème soit résolu parce que ces biberons sont exceptionnel mais un bébé sans biberons ça gâche tout....

Päivi Karhu-Leperd 13/05/2008 01:48

Bonjour,

Nous voulions informer tous ceux qui veulent et préfère utiliser le principe de précaution et veulent éviter l'utilisation de biberons contenant du Bisphénol A qu'il y a des solutions sur le marché.

Par exemple, les biberons B.free sont entièrement exempte de Bisphénol A ainsi que de PVC et de phlatates.

Bien à vous.
L'équipe de B.free France

Pharmacritique 01/05/2008 17:30

Bonjour,

Je me permets devous signaler un lien qui pourrait vous intéresser: sur “Pharmacritique”, nous avons traduit plusieurs fragments du dernier rapport très complet sur le bisphénol A:
“Bisphénol A (BPA): cancérigène, toxique neurologique et endocrinien. Rapport américain très alarmant en date du 14 avril”
http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2008/04/23/bisphenol-a-bpa-cancerigene-toxique-neurologique-et-endocrin.html

Il y a aussi plusieurs autres notes qui pourraient vous intéresser, et notamment celles réunies sous la catégorie “Toxiques, déchets, pollution”
http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/toxiques_dechets_pollution/

ou encore “Environnement, OGM, sciences mortifères”
http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/environnement_ogm_sciences_mortiferes/

Je vous souhaite bonne continuation!
Bien à vous,
Pharmacritique

Christophe Rossignol 06/05/2008 14:13


Merci pour vos informations
 Je vous souhaite également bonne continuation Pharmacritique !