Alerter les bébés

Publié le par Christophe Rossignol

Faut-il alerter tous les bébés ?
La France va-t-elle à son tour crier haro sur le bisphénol A (BPA), utilisé pa de nombreuses marques de biberons ? «On ne change rien», «ne jetez rien», et on peut «continuer à chauffer le lait» des bébés s’est empressé de rassurer sur Europe 1, Didier Houssin, directeur général de la Santé, tandis qu’une étude a été commandée à l’Agence française de la sécurité sanitaire des aliments (Afssa).
Dans l’attente, on sait que le bisphénol A, un produit chimique industriel appartenant à la famille des composés organiques aromatiques, est utilisé dans la fabrication du polycarbonate, un plastique rigide employé dans la confection de biberons, de récipients destinés aux fours à micro-ondes et à la conservation. Il est aussi utilisé dans la production de résines époxy servant d’enduit de protection à l’intérieur des cannettes, des conserves ou des conteneurs afin de prévenir la corrosion.
Mis au point à la fin du XIXe siècle, le BPA soulève des inquiétudes depuis la fin des années 90. Sa structure est proche de celle de l’œstrogène. Il peut donc circuler dans le sang et déclencher des réactions inattendues. Certains scientifiques avancent qu’il pourrait provoquer une puberté précoce. Son lien avec certaines formes de cancer a par ailleurs été établi chez les animaux.
Il est toutefois difficile de déterminer dans quelle mesure il peut être dommageable pour l’homme sans étude à grande échelle.
Biberons: pas de quoi alerter les bébés, selon Bruxelles
Alors que le Canada veut interdire les biberons en plastique contenant du bisphénol A, l'Agence européenne de sécurité alimentaire juge suffisante la réglementation en vigueur mais crée un groupe de travail sur le sujet.
La décision du gouvernement canadien d'interdire la commercialisation de biberons en plastique contenant du Bisphénol A (BPA) a relancé l'inquiétud sur les risques sanitaires induits par ce composé organique aromatique considéré comme un pertubateur endocrinien
A la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), interrogée par libération.fr ce matin, on se veut pourtant rassurant. «C'est une vieille lune», estime le porte-parole, Didier de Calbiac. Le bisphénol a en effet suscité de nombreuses études internationales depuis une quinzaine d'années mais, insiste-t-il, «contrairement au Canada, qui ne dispose d'aucune législation sur le BPA, l'Europe s'est dotée depuis 2002 d'un cadre réglementaire pour l'utilisation de ce produit chimique dans les matériaux en contact avec des aliments.»
Une directive européenne de 2002 autorise, comme aux Etats-Unis ou au Japon, l'utilisation du BPA dans les matériaux en contact avec les aliments sous réserve de ne pas dépasser une limite de migration fixée à 0,6 mg par kilo de produit alimentaire.
Car le problème avec le BPA, utilisé dans la fabrication de nombreux récipients alimentaires, c'est qu'à l'usage, il se « détache » du plastique à doses infinitésimales pour se retrouver dans le lait, l'eau ou le jus de fruit. Une migration renforcée sous l'effet de la chaleur.
Or les études scientifiques mettent régulièrement en avant les effets néfastes du bisphénol A sur les récepteurs hormonaux. Ce produit chimique est en effet un oestrogène de synthèse susceptible d'entraîner des perturbations du système endocrinien du bébé avec pour conséquences potentielles des pubertés précoces chez les filles, une baisse de la production de spermatozoïdes chez les garçons, mais aussi des troubles du comportement chez l'enfant .
"A la suite du communiqué des autorités canadiennes de santé, une réunion des autorités sanitaires des pays membres a été organisée en début de semaine dernière à Bruxelles", précise Didier de Calbiac, " afin de prendre connaissance des études sur le bisphénol publiées aux Etats-Unis et au Canada et d' examiner s'il y avait lieu ou non de revoir son avis sur ce produit"
Finalement, l'Europe a décidé de ne pas adopter de nouvelles mesures réglementaires mais de mettre en place un groupe de travail sur ce sujet au sein de l'Agence européenne de sécurité alimentaire (AESA).
Selon Didier de Calbiac, il n'y a donc pas lieu de donner de nouvelle consigne aux parents.
Néanmoins, aux plus inquiets ou à ceux qui privilégient le principe de précaution, on peut toujours conseiller de recourir à des biberons en verre, ou à des biberons en plastique conçus en polypropylène, un polymère garanti sans BPA.
Eliane Patriarca LIBERATION.FR : lundi 12 mai 2008
Les Canadiens ne savent plus à quel biberon se vouer
Santé. Ottawa va interdire les récipients pour bébés à base de bisphénol A.
De notre correspondante au Québec EMMANUELLE LANGLOIS
Vent de panique dans les familles canadiennes. Des milliers de parent craignent d’avoir empoisonné leurs enfants à leur insu. Sans crier gare, le gouvernement canadien a annoncé son intention d’interdire l commercialisation des biberons contenant du bisphénol A (BPA) : cett substance renfermée dans certains plastiques et désormais considéré comme «toxique» par les autorités du pays.
Produit chimique. Immédiatement, de nombreuses enseignes ont pris l’initiative de retirer les biberons, gobelets et assiettes de plastique contenant du BPA de leurs rayons. Pas de quoi rassurer les parents. «J’ai jeté tout ce qui était susceptible de contenir du BPA, lance Tabitha Rondeau, mère de deux enfants.
Je suis vraiment choquée de constater que le gouvernement n’a pas pris cette décision plus tôt.» Un point de vue que partage Mélanie Bergeron. Cette maman est cependant davantage troublée par le fait que les fabricants de biberons n’ont pas attendu l’interdiction officielle de ce produit chimique pour retirer toutes leurs marchandises contenants du bisphénol A des rayons. «Sans doute veulent-ils nous prouver qu’ils se sentent concernés, mais ils auraient dû l’être bien avant : les études montrant les effets néfastes du BPA sur le système endocrinien sont connues depuis longtemps.» Comme beaucoup de mères, dès l’annonce gouvernementale, Mélanie a voulu acheter des biberons en verre. En vain.
«J’imagine que tous les parents de jeunes enfants se sont précipités dans les magasins. Résultat : les étagères sont vides et trouver un biberon sans BPA est devenue mission impossible.» Comme elle, Ariana Moralès ne décolère pas. «On veut ce qu’il y a de mieux pour nos enfants alors savoir qu’une entreprise a permis qu’ils soient exposés à des produits dangereux sans nous en aviser est intolérable.»
Dans la foulée, l’avocat David Bourgoin a déposé des demandes d’exercer des recours collectifs contre trois fabricants de biberons. «Les compagnies Playtex, Gerber et Avent sont montrées du doigt pour n’avoir pas indiqué aux consommateurs que leurs biberons pouvaient présenter un risque pour les enfants, précise-t-il. Le BPA contenu dans le plastique migre dans le lait lorsque le biberon est chauffé ou si un liquide bouillant est versé, et ils auraient dû en avertir les acheteurs.» Nadia Rodrigue, bien qu’inquiète du fait que la santé de son fils puisse avoir été altérée, n’ira pas jusqu’à se rallier à la cause. Elle regrette toutefois de trouver peu d’informations sur les conséquences de ce produit chimique sur la santé humaine. «Le Canada est le premier pays au monde à se prononcer en faveur de l’interdiction du BPA. Peut-être qu’on s’affole trop vite», suggère-t-elle.
Appréhensions. Les autorités sanitaires canadiennes ne sont pourtant pas les seules à s’intéresser de près au BPA. Leurs homologues américaines s’inquiètent également des effets de cette substance sur la santé. Un groupe d’experts du National Toxicology Program vient d’admettre avoir certaines appréhensions quant aux effets des niveaux actuels de BPA se retrouvant dans l’alimentation sur les systèmes nerveux et hormonal des fœtus et des nouveau-nés. Comment les autorités doivent-elles se comporter à l’égard de produits auxquels l’être humain est exposé à faible dose ? Si l’on en croit la position canadienne, la prudence est de mise.

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MORELLI 07/01/2009 13:57

Bonjour,

Je suis révoltée par le laisser aller continuel de notre société face à ce type d'information. Aujourd'hui je veux réagir et dire qu'il est temps de ne plus accepter cette nonchalance. Nous ne pouvons continuer d'accepter de laisser à nos enfants un monde ou les gouvernements acceptent des seuils minimun de tolérance de produits toxiques. Ils devraient être interdit de suite. Quand on fait le compte de tout ces produits toxiques que l'on ingère, il ne faut pas s'étonner aujourd'hui de tous ces problèmes de santé que rencontre notre société.
J'aimerais agir et merci de me tenir au courant de toutes actions qui sont mises en oeuvre auxquelles je me joindre avec grand plaisir.
Je suis à la recherche d'une association qui se serait formée contre le bisphenol-a.
Merci
Delphine MORELLI