Le congrès mondial des Verts

Publié le par Christophe Rossignol

Ram Ouédraogo au conclave des écologistes du monde à Sao Paulo mercredi 21 mai 2008. http://www.lefaso.net/spip.php?article26978&rubrique2 Les écologistes du monde étaient en conclave à Sao Paulo au Brésil du 1er au 4 mai 2008. Les Verts d’Afrique qui étaient de la partie ont tenu en prélude à ce sommet mondial, un forum des Verts du continent, les 29 et 30 avril 2008 consacré à leurs problèmes spécifiques et leur entente dans le partenariat avec le réseau mondial des Verts. Le Burkina Faso était représenté par une délégation conduite par Ram Ouédraogo, président du Rassemblement des écologistes du Burkina Faso (RDEBF). En raison de sa figure de pionnier de l’écologie politique en Afrique et artisan de la Fédération des Verts d’Afrique de l’Ouest, Ram Ouédraogo. En raison de sa figure de pionnier de l’écologie politique en Afrique et artisan de la Fédération des Verts d’Afrique de l’Ouest, Ram Ouédraogo s’est vu confier beaucoup de responsabilités durant cette rencontre mondiale des Verts. C’est ainsi qu’il a présidé le forum des Verts d’Afrique et l’élection du bureau. Il a aussi prononcé un discours dans lequel a attiré l’attention sur les problèmes d’actualité en Afrique en vue de solutions pour un véritable développement durable. Le congrès mondial des Verts a abouti à l’adoption d’une vingtaine de points pour le XXIe siècle dont nous vous proposons l’intégralité en encadré. Mais auparavant, Ram Ouédraogo a présidé, du 29 au 30 avril 2008, le forum des Verts africains. Environ 45 participants de différents pays africains ont pris part à ce forum en présence de quelques observateurs européens. Le premier jour de cette rencontre a porté sur les attentes des Verts africains en relation avec les Verts mondiaux. Le second jour a été consacré aux échanges avec d’autres groupes verts comme le comité de coordination de la Fédération des Verts mondiaux, les Verts européens, ceux d’Asie, du Pacifique sud et d’Amérique sur des questions ayant trait à l’essor des Verts de la planète. Au cours de cette rencontre, Ram Ouédraogo a reçu en audience un représentant du Dalaï Lama, M. Tsewang Phuntso, chargé de mission du Dalaï Lama au Tibet pour la région de l’Amérique latine. Les échanges ont porté sur la présentation des réalités africaines, et surtout pour expliquer aux Africains la lutte que mène le Dalaï Lama et sa philosophie de paix et de non-violence pour une autonomie culturelle ; le Dalai Lama dit ne pas lutter pour l’indépendance du Tibet mais pour l’autonomie de sa zone tout en restant liée à la Chine. Le président du RDEBF dans ses interventions a toujours insisté sur la nécessité d’un ordre mondial équitable, notamment en ce qui concerne les Accords de partenariat économique (APE), Afrique-Caraïbes-Pacifique, Union européenne (ACPEU), le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Les Verts du monde ont réaffirmé à Sao Paulo, leur engagement à surmonter la crise écologique et sociale à laquelle sont confrontées l’humanité et la planète, le changement climatique, la pauvreté, la surconsommation, la croissance incontrôlée de la population. Les pénuries d’eau potable, la flambée des prix du pétrole et des produits alimentaires, la crise alimentaire, l’inondation des régions côtières, la multiplication des réfugiés environnementaux, la prolifération des tensions et conflits intercommunautaires, l’émergence de nouveaux Etats instables exacerbée par les problèmes d’accès aux matières premières, ne sont seulement, selon les Verts mondiaux, que quelques aspects les plus graves des menaces pour notre futur et celui des générations à venir. Nous sommes conscients que nous n’avons pas beaucoup de temps pour trouver des solutions, mais le laisser-faire comme de coutume conduirait à la catastrophe, déclarent les Verts du monde. C’est pourquoi à Sao Paulo, ils ont adopté une vingtaine de points pour le XXIe siècle qui sont censés refléter les priorités auxquelles les Verts ont l’intention de s’attaquer à différents niveaux de l’action politique. Les Verts s’engagent donc à renforcer le mouvement vert à travers le monde. Ils voudraient faire de ce XXIe siècle celui qui verra les Verts des responsabilités politiques, assumer de hautes fonctions au niveau international, dans de nombreux pays et différents continents. Il s’agira d’un mouvement vert fort, vital pour créer un ordre international, socialement et écologiquement plus viable, démocratique et pacifique. Cet ordre international devra également respecter les droits des générations futures. Nous nous emploierons à faire du XXIe siècle, le siècle de la politique verte, concluent les Verts mondiaux. Les points pour le XXIe siècle préconisés par les Verts 1 - Promouvoir une réforme radicale du modèle économique dominant afin de mettre sur pied un nouveau modèle de développement durable. 2 - Promouvoir une diminution drastique des émissions de CO2 de 25 % à 40 % d’ici à 2020 et de 80 % d’ici à 2050. 3 - Pallier l’explosion des prix des produits alimentaires et les rendre accessibles à tous. 4 - Respecter et préserver la biodiversité dans toute sa dimension, y compris la décence des forêts. 5 - Inciter la communauté internationale à atteindre les Objectifs du millénaire convenus par les Nations unies en 2000. 6 - Mettre en place un partenariat mondial pour le développement, y compris l’introduction d’une taxe Tobin comme source de financement du développement. 7 - Promouvoir le commerce équitable comme alternative au modèle actuel des changes internationaux. 8 - Soutenir le progrès technologiques et scientifiques à des fins sociales et écologiques. 9 - Lutter contre l’impact de l’augmentation des prix des matières premières. 10 - Encourager l’établissement et le renforcement de la démocratie et des institutions démocratiques, y compris des mesures pour surmonter le défi démocratique international. 11 - Développer une organisation mondial de l’environnement. 12- Renforcer le Conseil des droits de l’homme des Nations unies (CDHNU), la Cour internationale de justice et parvenir à l’abolition universelle de la peine de mort. 13 - Promouvoir la reconnaissance des réfugiés écologiques. 14 - Appeler à l’intensification des relations entre les grandes villes et à un renforcement de la coopération entre elles. 15 - Promouvoir les politiques culturelles durables. 16 - Promouvoir un dialogue ouvert et structurel entre les religions du monde, y compris les athées. 17 - Remplacer et améliorer les droits des jeunes. 18 - Faciliter l’accès aux médicaments afin de juguler les pandémies. 19 - Promouvoir la paix, la prévention des conflits et le désarmement. 20 - Faire du XXIe siècle, le siècle du mouvement vert. Au cours du congrès, à l’initiative des Verts français et ceux d’Afrique de l’Ouest, un Réseau mondial des écologistes francophones ayant en partage le français, a été mis en place. Un bureau de jeunes Verts mondiaux a été installé et le Burkina en fait partie. Une résolution a été prise pour demander la libération d’Ingrid Betancourt détenue depuis 6 ans par la guérilla colombienne (les FARCC) au cours du congrès, en présence de son mari venu expliquer la situation de la présidente des Verts colombiens. Dans l’ensemble, cette rencontre planétaire des Verts a été un grand succès et la délégation du Burkina Faso en a été honorée et elle profite de l’occasion pour remercier le président des Verts du Brésil, M. Luis de la Penna et la Coordination des Verts mondiaux. Rendez-vous a été pris pour 2013 soit en Afrique, soit en Europe, ces deux continents étant candidats pour abriter ce sommet. Cellule de la communication du Rassemblement des Ecologistes du Burkina Faso (RDEBF)

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