Nucléaire et transparence ! Accident nucléaire en Slovénie

Publié le par Christophe Rossignol

---- Accident nucléaire en Slovénie: l'alerte européenne est déclenchée La Commission européenne a déclenché le système d'alerte européen sur les risques radioactifs. Un incident est survenu dans une centrale nucléaire en Slovénie, à Krsko, qui a été arrêtée "pour quelques heures", selon les autorités. Les causes d'une fuite dans le circuit de refroidissement de la centrale doivent être déterminées. "La centrale a été arrêtée à titre préventif pour quelques heures afin de permettre au personnel d'établir les causes de la panne et de la réparer", a déclaré la direction du site. "Un arrêt d'urgence n'a pas été nécessaire et la panne ne devrait pas avoir d'effet sur l'environnement", a ajouté la direction. Exploitée en commun par la Slovénie et la Croatie, la centrale nucléaire de Krsko produit 20 % de l'électricité consommée en Slovénie et 15% de celle utilisée en Croatie. Ce système d'alerte a été créé par l'UE en 1987 après l'explosion de la centrale soviétique de Tchernobyl. Il permet aux Etats membres de communiquer en cas d'«accident nucléaire majeur ou d'urgence radioactive», selon la Commission. Il est utilisé fréquemment, a indiqué le porte-parole de la Commission chargé de l'Energie Ferran Tarradellas. Mais il est très rare que Bruxelles juge que l'incident vaille la peine d'être rendu public. La centrale de Krsko (120 km de Ljubljana) avait été arrêtée pendant un mois en fin d'année dernière pour des travaux de maintenance. Exploitée en commun par la Slovénie et la Croatie, elle a été construite par le consortium américano-japonais Westinghouse et mise en service en 1983. Elle produit 20% de l'électricité consommée en Slovénie et 15% de celle utilisée en Croatie. La Slovénie avait annoncé l'an dernier un projet de construction d'un second réacteur pour cette centrale d'ici 2017. La centrale a décidé de mettre à l'arrêt le réacteur, dont la puissance, qui s'établit à 696 MW, était réduite à 22% vers 19h30. Interrogée Ida Novak a reconnu que la direction ne pouvait « pas prévoir pour combien de temps la centrale serait fermée ». « Nous devons d'abord localiser la fuite et ensuite déterminer selon quelle procédure la réparer », a-t-elle détaillé. Le gouvernement allemand a toutefois mobilisé mercredi soir ses services compétents pour une première évaluation, a indiqué le secrétaire d'État allemand à l'Environnement, Michael Müller. Selon les informations rassemblées, a indiqué plus tard le porte-parole du ministère allemand de l'Environnement, Michael Schroeren, il semble que le système de refroidissement de la centrale soit « sous contrôle » et qu'il n'y ait pas de fuite radioactive. « Il n'y a pas pour l'instant d'indice d'un incident grave », a-t-il précisé. L'Autriche, voisine de la Slovénie, a demandé des explications à Ljubljana, qui selon elle ne l'a pas l'avoir correctement informée de la nature réelle de l'incident. Selon le ministre de l'Environnement autrichien, Josef Pröll, les autorités slovènes ont tout d'abord signalé celui-ci comme un « exercice » et non comme une panne réelle. « Cela remet gravement en question notre confiance dans le système d'alarme slovène », a déclaré M. Pröll en soulignant qu'il soumettrait cette question au prochain conseil des ministres de l'UE jeudi à Luxembourg. L'organisation écologiste Greenpeace en Allemagne a pour sa part souligné qu'une telle alerte européenne était « très inhabituelle ».

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