Accident nucléaire au Tricastin

Publié le par Christophe Rossignol

Fuite d’uranium : tout va très bien madame la marquise...

Communiqué d’Anne Souyris du 9 juillet 2008

Quand on joue avec le feu nucléaire, on finit par s’irradier les doigts !
Les Verts sont effarés par l’incident nucléaire qui s’est produit à la centrale de Tricastin. Plus de 300 kg d’uranium se trouvent aujourd’hui dans la nature.

Comme par hasard, les autorités s’empressent de se montrer floues et d’expliquer que tout va bien. Pourtant, le public, et notamment les riverains, mériteraient de savoir quel type d’uranium a été disséminé. Uranium enrichi ? Uranium appauvri ?

Ensuite, dire qu’il n’y a aucun problème car la fuite n’a pas atteint la nappe phréatique est mensonger. D’une part, un effet retard est probable, et la contamination prendra plusieurs jours pour se diffuser. D’autre part, le biotope local est d’ores et déjà contaminé.

Incident à la centrale du Blayais en 1999 et pendant la canicule, incidents en Suède l’été dernier, incidents récents en Slovénie voilà quelque semaines... le nucléaire est un danger mortel pour les populations. Le promouvoir est irresponsable.

Avec Nicolas Sarkozy au pouvoir, aucun danger pour l’environnement ?

Anne Souyris, Porte-parole nationale



Société

Les associations écologistes dénoncent la gestion de l'incident au Tricastin

AP | 09.07.2008 | 18:46

Alors que les mesures de précaution ont été maintenues mercredi par la préfecture du Vaucluse, plusieurs associations écologistes ont dénoncé la gestion de l'incident nucléaire de Tricastin par les autorités et la société Socatri, et notamment la lenteur de l'alerte et l'estimation de l'ampleur de la fuite d'uranium. Selon elles, la population a pu être contaminée, alors que le ministère de l'Ecologie assure que "les risques pour l'homme sont négligeables". L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) inspectera le site jeudi.

Tandis que les préfets de la Drôme et du Vaucluse avaient annoncé mardi que l'incident s'était déroulé mardi à 6h30 du matin, un communiqué de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), confirmé depuis par le ministère de l'Ecologie, indiquait qu'il avait en fait eu lieu la veille, lundi vers 23h.

"Entre 23h et 13h (mardi), aucune restriction n'a été mise en place pour protéger les populations", a tonné Yannick Rousselet, responsable de la campagne énergie de Greenpeace France. "Lenteur, manque de transparence, faible réactivité: ces délais sont inacceptables", a-t-il dénoncé mercredi.

Le réseau Sortir du nucléaire accuse Areva, maison-mère de la Socatri, de "rétention délibérée d'information et, de fait, de mise en danger volontaire de la population". "Ce n'est que dans l'après-midi que les populations ont commencé à être informées. Il est vraisemblable que des gens ont été contaminés lors de baignades ou en buvant", estime Sortir du nucléaire.

De son côté, la CRIIRAD (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) estime le rejet dans l'environnement "plus de 100 fois supérieur à la limite annuelle". L'association de scientifiques indépendants a envoyé mercredi sur les lieux deux experts pour mesurer la contamination éventuelle des environs du site. Les résultats de leurs prélèvements devraient être connues sous 24 à 48 heures. La CRIIRAD a par ailleurs annoncé son intention de poursuivre en justice la Socatri et Areva.

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui inspectera le site jeudi, a classé l'incident de Tricastin au niveau 1 sur une échelle européenne de gravité qui en compte 7. Une estimation là aussi remise en cause par Greenpeace.

"Dès qu'il y a rejet dans l'environnement, un accident doit au moins être classé de niveau 3", a assuré Yannick Rousselet. "Et si l'on considère les contre-mesures prises (mardi) par la préfecture, l'incident grave survenu à Tricastin devrait même être classé de niveau 5".

La préfecture du Vaucluse a précisé mercredi que la quantité d'uranium déversée avait été revue à la baisse. "Il s'agit de 18,07m3 contenant 12g d'uranium par litre (et non pas de 30m3), soit 224kg d'uranium naturel. La part d'uranium restée sur le site étant évaluée à 150 kilos, ce sont finalement 74 kilos qui se sont écoulés jusqu'aux rivières de la Gaffière et du Lauzon", a-t-elle annoncé dans un communiqué.

Selon la préfecture, les mesures réalisées mardi à 22h sur les eaux de surface présentaient "un point maximal de concentration relevé à 90 microgrammes d'uranium par litre, ce qui reste supérieur à la normale, mais en forte diminution par rapport aux valeurs de la matinée" de mardi. Pour les eaux souterraines, "tous les résultats sont inférieurs à 2,4 microgrammes par litre, donc conformes à la normale".

L'IRSN "estime que les risques pour l'homme sont négligeables avec les mesures de précaution prises", a renchéri mercredi le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo. L'ASN mènera son inspection jeudi afin de "déterminer les causes précises de cet événement et d'examiner les mesures mises en place par l'exploitant", précise son ministère. "Toutes les conclusions devront être tirées, notamment en termes d'éventuelles suites pénales et administratives", a conclu M. Borloo.

"Au regard de la nécessité de procéder à des analyses sur une plus longue durée", la préfecture du Vaucluse a maintenu mercredi les arrêtés d'interdiction de consommation et d'usage de l'eau issue de captages privés, l'arrosage des jardins ou le remplissage des piscines avec cette eau, la pêche, la consommation de poissons et leur commercialisation, la baignade et les activités nautiques ainsi que l'irrigation sur les communes de Bollène, Lapalud et Lamotte-du-Rhône. La consommation de l'eau issue des réseaux d'eau courante reste autorisée. AP

 

Publié dans Info les Verts

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