Casse-toi pov'con, la suite....

Publié le par Christophe Rossignol

Disons le clairement , ce citoyen a eu tort.
Il a utilisé un mauvais système de défense :   il aurait du plaider que son écriteau avait pour objet de rendre hommage á la gloire de notre président dont le style si poétique est admiré dans le monde entier, voire plus ! 

Plus sérieusement , on peut malheureusement lire de plus en plus  souvent ce genre de récit, a t-on encore le droit de manifester ?  
Si oui, uniquement pour soutenir la politique du gouvernement ?
Si non, comment vont ils le remplir leur fichier edvige ?
Rappel : pour obtenir l´abandon du fichier EDVIGE, signer sur :  
http://nonaedvige.ras.eu.org/
 


Lu sur rue89 :


« Casse-toi pov'con »: au tribunal de Laval pour outrage au Président

Par Eon

Jeudi 28 août 2008, vers onze heures, je me rendais à vélo, à la manif contre la politique de Sarko, prévue à midi place de la mairie à Laval.
J'avais prévu un carton (format 21 X 29,7 cm) sur lequel était inscrit «Casse-toi pov'con». J'avais mis celui-ci en protection ventrale pour ne pasl'abimer.

Sur le trajet que j'ai emprunté, boulevard Félix Grat, j'ai entendu les sirènes des motards. Il devait s'agir du convoi présidentiel. Les motards enjoignaient les automobilistes de rouler vite pour libérer le passage. De nature prudent, je me suis rangé sur le côté du boulevard en restant juché sur mon vélo, sans même avoir le temps de me retourner, pour profiter du spectacle.

Embarqué au poste pour un écriteau

C'est alors, que deux personnages en civil, genre pitbulls (j'ai compris rapidement qu'ils s'agissait de deux flics), se sont rués sur moi, laissant mon vélo par terre et m'emmenant sur le trottoir, chacun d'eux me tenant un bras pour m'immobiliser et empêcher tout mouvement de ma part. Mais j'ai entendu que la voiture de Sarko passait. J'ai pu sortir mon carton, qui portait la mention « Casse toi pov'con » ce qui m'a valu d'être emmené au poste de police pour audition, étant accusé d'avoir offensé le président de la République.

Pour le transfert du boulevard Félix Grat au commissariat de Laval, les flics ont accepté de ne pas me menotter. Le véhicule ne pouvant pas transporter mon vélo, j'ai dû l'abandonner sur place (après l'avoir cadenassé).

Pour l'audition, j'ai déclaré ne pas reconnaître que le message était à destination de Sarko. J'ai dit considérer que le message était adressé à celui qui voulait bien le prendre pour lui et que de toutes façons cette expression était de langage courant puisque Sarko lui même l'utilisait.

Je suis néanmoins convoqué en qualité de prévenu, le 23 octobre 2008 à 14h00 devant le tribunal correctionnel de Laval, pour avoir à Laval, le 28 août 2008, en tout cas sur le territoire national et depuis temps n'emportant pas prescription, offensé par parole, écrit, image ou moyen de communication -en l'espèce un écriteau avec les inscriptions « Casse-toi pov'con »- le président de la République française.

Délit prévu par les articles 26, 23 al.1, 42 de la Loi du 29/07/1881 et Article 93-3 de la Loi 82-652 du 29/07/1982. Et réprimé par l'article 26 de la loi du 29/07/1881.
Cod Natinf : 2796 Délit pénal

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