Ryan Air, une mauvaise affaire

Publié le par Christophe Rossignol

Actualité Tours

jeudi 18 décembre 2008

Turbulences sur l’avenir de l’aéroport Tours-Val de Loire

La chambre régionale des comptes avait confirmé l’illégalité des subventions, aujourd’hui arrêtées, à la compagnie Ryanair. : (Archives NR) La chambre régionale des comptes avait confirmé l’illégalité des subventions, aujourd’hui arrêtées, à la compagnie Ryanair. : (Archives NR)

Désormais, un syndicat mixte va gérer l’aéroport de Tours. Mais, hier soir, lors de la réunion de Tour(s)plus, le débat a révélé nombre d’interrogations.

Le député PS Jean-Patrick Gille a voté contre, tout comme la vice-présidente Marie-France Beaufils, avec trois autres délégués communautaires communistes, et le Vert David Chollet ! Cette « turbulence » s’est soulevée à propos de la création du syndicat mixte financé désormais à parité (28,66 %) par Tour(s)plus, le conseil général et le conseil régional (qui gère aussi l’aéroport de Châteauroux pour le fret) et la CCI à hauteur de 14 %.

Pour la sénatrice-maire de Saint-Pierre-des-Corps et ses camarades, il s’agissait de marquer leur opposition idéologique aux sociétés « low-cost ». L’élu écologiste, outre la nuisance environnementale, estime qu’il y a peu de place entre Nantes et Paris pour un aéroport rentable.
Des points de vue plus mesurés ont été tenus par Jean-Michel Dubois (PC) qui a voté pour : « Laissons une chance à la structure qui mérite une évaluation. Seules les destinations vers l’étranger peuvent se développer. » Dominique Lemoine (MoDem), pro-TGV et défenseur du plan Climat, trouve aussi que l’aéroport est un outil nécessaire.
L’opposition du député Gille se veut prospective : « Ne devrait-on pas favoriser le rail et que fera-t-on quand la base aérienne s’arrêtera de voler ? » Il a également mis en avant les nuisances, le bruit, et se dit « pas convaincu de la nécessité de s’investir » en faveur de l’aérien.
Réactions défensives. Ce point de vue a fait monter la température des réacteurs d’Alain Dayan, actuel président de la Semaval (société d’économie mixte qui gère l’aéroport) : « Avec 100.000 passagers, de plus en plus de Tourangeaux prennent l’avion et l’aéroport présente une vraie pertinence entre Nantes, Paris et Bordeaux.
« Notre ambition est de le développer à hauteur de 200.000 passagers. Entre les 400 E de retombées économiques par passager avec les 200 emplois directs induits par l’activité et le prix du billet TGV, on ne peut pas comparer ! »
Philippe Le Breton, premier vice-président, a tenu le même langage en faveur du développement des vols charters. Le dernier mot est revenu à Jean Germain, président de Tour(s)plus, qui voit dans l’aéroport « une signature » pour l’agglo, rappelant au passage que « ceux qui utilisent le low-cost ne sont pas ceux qui ont le plus de moyens. Et, sur les 100.000 passagers, 20 % sont des étudiants qui se déplacent pour leurs stages. Et ce ne sont pas deux avions par jour qui sont gênants pour le climat à côté des avions de chasse ! »

Thierry Noël
la Nouvelle République

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