Lancement officiel du Réseau Environnement Santé

Publié le par Christophe Rossignol

Dans le cadre du lancement officiel du Réseau Environnement Santé la conférence de presse était spécialement centré sur les risques sanitaires engendrés par le Bisphénol A :

Sont intervenus :
  • Serge Orru (WWF-France)
  • André Cicolella, (Fondation Sciences Citoyennes)
  • François Veillerette (MDRGF)
  • Patrice Halimi (Association Santé Environnement France)
  • Francis Glemet, CNMSE (Coordination Nationale Médicale Santé Environnement)
  • Jean Paul Jaud, réalisateur du film « Nos enfants nous accuseront »,
  • Charles Sultan, professeur en endocrinologie pédiatrique.

communiqué de presse AFP rendant compte de la conférence de presse :

> PARIS (AFP) — Parabens dans les cosmétiques, phtalates des plastiques, Bisphénol A dans les biberons: autant de substances chimiques dénoncées par les associations, qui ont lancé mardi un "Reseau Environnement Santé" (RES) pour peser sur les politiques publiques.

> Scientifiques, ONG de défense de l'environnement et associations de malades lancent le RES afin d'infléchir des décisions publiques qui ménagent encore trop souvent, selon eux, les intérêts industriels au détriment des populations.

> Le réseau vise en priorité les produits chimiques agissant comme des perturbateurs endocriniens (qui perturbent le fonctionnement hormonal et la santé reproductive) et les molécules comme les phtalates (qui assouplit les plastiques) ou le paraben (conservateur pour cosmétiques) omniprésents dans l'environnement moderne.

> "Tous ces produits, qui imprègnent les populations dès le plus jeune âge et même dès la gestation, sont à rapprocher des épidémies mondiales de cancers, de problèmes de reproduction et de diabètes", a indiqué André Cicolella, chimiste et chercheur en santé environnementale, porte-parole du RES.

> "Ce qui fera bouger les choses, ce sera la pression de l'opinion publique: en rassemblant des scientifiques, des professionels de santé, des ONG et des associations de malades, on a davantage de chances de se faire entendre des pouvoirs publics, y compris au niveau européen", estime-t-il.

> Dans sa "lettre d'intention", le réseau "se donne pour but de peser sur les politiques publiques mais aussi sur les producteurs de risques, lesquels restent encore très largement guidés par une politique de négation de leur responsabilité".

> Le RES suggère d'organiser un "Grenelle" consacré aux questions d'environnement et de santé, pour définir une politique prenant en compte l'ensemble des secteurs - cosmétiques, médicaments, alimentation, mode de vie et de travail - à rapprocher des pathologies en expansion - cancers, diabètes, difficulté de reproduction, allergies, affections respiratoires, atteintes immunitaires.

> Pour ses promoteurs, "il est urgent de changer de logique", et il serait lourd de conséquences d'attendre des preuves scientifiques pour agir à titre préventif.

> Une douzaine d'ONG comme le WWF, le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF), l'Alliance pour la planète, mais aussi la Coordination nationale Médecine Santé Environnement et l'association des personnes atteintes du syndrome d'hypersensibilité chimique multiple y sont déjà associées et appellent syndicats et citoyens notamment à les rejoindre.

> La première campagne du réseau porte sur le Bisphénol-A dans les plastiques alimentaires, que le Canada a d'ailleurs interdit l'an passé dans les biberons, sur la base d'études américaines montrant, même à faibles doses, des atteintes au cerveau, à la prostate, aux glandes mammaires, et des modifications de l'âge de la puberté chez les filles.

> "Pourtant, après la décision canadienne, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a estimé que le Bisphénol-A ne présentait pas de danger", reprend M. Cicolella. Les arguments avancés, selon lui, tenaient "davantage du lobbying que de la science: les intérêts industriels se font entendre et on met la santé publique au second plan".

> "S'agissant d'une population aussi fragile que les nouveaux-nés, c'est inadmissible", s'insurge-t-il. "D'autant qu'il n'y a aucun difficulté à remplacer les biberons en plastique par des biberons en verre".


Publié dans A l´asso

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