Les écologistes protestent contre la commercialisation d'OGM dans l'UE

Publié le par Christophe Rossignol

De retour du salon de l'agriculture, j'apprends cette mauvaise nouvelle : la commission européenne autorise le commerce des OGM contre l'avis des populations ! 

La décision de la Commission européenne d'autoriser le commerce de plusieurs organismes génétiquement modifiés (OGM), suscite mardi 2 mars un tollé chez les écologistes.

Cette décision, qui concerne la culture de la pomme de terre Amflora, mise au point par la firme BASF, ainsi que plusieurs variétés du maïs MON 863, est particulièrement critiquée en France et Italie. A 8 heures par e-mail, recevez la Check-list, votre quotidien du matin Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts Sur le même sujet Les faits La Commission européenne autorise la commercialisation d'OGM Les faits Barroso dément vouloir étendre la culture d'OGM à toute l'UE Compte rendu 53 faucheurs anti-OGM condamnés en appel à 3 mois de prison avec sursis Infographie Les restrictions à la production et la commercialisation d'OGM en Europe Les faits Les cultures d'OGM en recul dans l'Union européenne Infographie Les régions signataires de la charte anti-OGM Edition abonnés Dossier : Enjeux et menaces des OGM Pour la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, "c'est une très mauvaise nouvelle". Elle appelle notamment le gouvernement français a refuser d'appliquer la décision de la Commission. Selon elle, le danger de la commercialisation de ces OGM est d'autant plus grand qu'on ignore les conséquences que leur consommation pourrait avoir sur l'organisme. "On a pu avoir, sur le maïs notamment, quelques études qui ont montré sur des rats des conséquences sur des atteintes au foie. Ces travaux scientifiques doivent être approfondis, on doit aller jusqu'au bout de ces études-là avant de commercialiser", estime Cécile Duflot.

Même son de cloche dans les rangs des députés écologistes européens. Fer de lance de la contestation des OGM en France et plusieurs fois condamné en justice pour ses actions d'arrachage illégal de plantations transgéniques, José Bové a exhorté Bruxelles à sortir de sa "tour d'ivoire". La Commission "doit entendre enfin les citoyens qui ne veulent pas d'OGM.
ogm-copie-1.pngElle doit, en outre, accepter la position des 27 Etats membres (de l'UE) qui en décembre 2008 avaient majoritairement souhaité une réforme radicale des procédures d'évaluation" des demandes d'autorisation des produits transgéniques, a-t-il affirmé. "UNE VÉRITABLE DÉCLARATION DE GUERRE" "Des doutes sérieux persistent concernant les conséquences possibles sur la santé humaine et l'environnement", a précisé le député vert allemand Martin Heusling, jugeant le feu vert de Bruxelles "au mieux inutile, et au pire dangereux". "Il y a de sérieuses inquiétudes au sujet d'un gène" de la pomme de terre Amflora "qui est résistant aux antibiotiques", a-t-il ajouté. "Cette décision de reprendre les autorisations de dissémination d'OGM dans l'environnement, en évacuant le débat sur leurs risques, est inacceptable", a critiqué de son côté la libérale française Corinne Lepage, vice-présidente de la commission environnement du Parlement. Elle "constitue une véritable déclaration de guerre à l'égard des citoyens européens majoritairement opposés aux cultures OGM, de la part de M. (José Manuel) Barroso", le président de la Commission, a-t-elle ajouté. L'ITALIE EST "CONTRE" Le ministre de l'agriculture italien a lui aussi vivement critiqué la décision de Bruxelles. "Le fait de rompre la prudence d'usage qui était respectée depuis 1998 est un acte qui risque de modifier profondément le secteur primaire européen. Non seulement, nous ne nous reconnaissons pas dans cette décision mais nous tenons à répéter que nous ne permettrons pas que cela remette en question la souveraineté des Etats membres en la matière", a expliqué Luca Zaia. "Nous évaluerons donc la possibilité de promouvoir un front commun de tous les pays qui voudront s'unir à nous pour défendre la santé des citoyens et les agricultures identitaires européennes", a-t-il souligné. Membre du parti populiste de la Ligue du Nord, le ministre est fermement opposé aux OGM.

Publié dans Info les Verts

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